Le marché immobilier andorran aborde 2026 dans un contexte de durcissement fiscal et de tension persistante sur l’offre. Le prix moyen d’achat atteignait 4 898 euros par mètre carré fin 2024, en hausse de plus de 11 % sur un an, et les analystes ne prévoyaient pas de rééquilibrage de l’offre avant 2026.
Depuis février 2026, le paquet législatif Omnibus 2 a modifié la donne pour les acheteurs étrangers : la taxe sur l’investissement étranger dans l’immobilier a été doublée, passant de 3 % à 6 % sur un premier bien et de 5 % à 10 % à partir du second. Ces paramètres redessinent la carte des zones à privilégier pour acheter un appartement en Andorre.
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Taxe doublée sur l’investissement étranger : ce que change Omnibus 2 pour un achat en Andorre
Avant février 2026, un acheteur non résident payait 3 % du prix d’achat au titre de la taxe IEI sur son premier bien immobilier. Ce taux est désormais de 6 % sur un premier bien, 10 % à partir du second. Sur un appartement affiché à plusieurs centaines de milliers d’euros, la différence se chiffre en dizaines de milliers d’euros de surcoût.
Cette hausse pèse proportionnellement davantage dans les paroisses où les prix au mètre carré sont déjà les plus élevés. À Andorre-la-Vieille, le prix moyen d’achat atteignait 5 872 euros par mètre carré en 2024. L’effet cumulé d’un prix élevé et d’une taxe doublée rend l’entrée de gamme difficilement accessible pour un budget intermédiaire.
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En revanche, les paroisses où le prix au mètre carré reste en phase de rattrapage absorbent mieux cette surtaxe. Le surcoût fiscal, en valeur absolue, y est mécaniquement plus faible. C’est ce calcul qui pousse une partie des acquéreurs étrangers à reconsidérer des zones jusque-là perçues comme secondaires.

Paroisses centrales d’Andorre : prix élevés et tension locative maximale
Andorre-la-Vieille et Escaldes-Engordany concentrent l’essentiel des services administratifs, commerciaux et bancaires de la Principauté. C’est aussi là que la pression sur les loyers est la plus forte. Les données 2026 placent ces zones parmi les plus chères d’Europe du Sud en matière de loyers au mètre carré.
Pour un investissement locatif, cette tension peut sembler attractive sur le papier. Les loyers y ont progressé de près de 13 % sur la seule année 2024. Mais le prix d’entrée à l’achat limite le rendement net, surtout après application de la nouvelle taxe IEI.
Profil d’acheteur concerné par les paroisses centrales
Acheter un appartement à Andorre-la-Vieille ou Escaldes-Engordany reste pertinent pour un acquéreur qui vise une résidence principale dans un périmètre urbain dense, avec accès immédiat aux commodités. Pour un investisseur étranger à budget contraint, le rapport entre prix d’achat et loyer attendu est moins favorable qu’en zone péri-centrale.
Canillo, La Massana, Encamp : les zones de rattrapage à surveiller en 2026
Les paroisses périphériques n’offrent pas toutes le même potentiel. Trois d’entre elles ressortent régulièrement dans les analyses de marché comme zones de rattrapage : Canillo, La Massana et Encamp.
- Canillo affichait en 2024 les loyers les plus élevés de la Principauté (24,42 euros par mètre carré en moyenne), ce qui signale une demande locative forte malgré un prix d’achat inférieur à celui des paroisses centrales. Le décalage entre loyer et prix d’acquisition y crée un rendement locatif potentiellement plus intéressant.
- La Massana bénéficie de sa proximité avec le domaine skiable de Vallnord et d’un tissu résidentiel en développement. Les retours terrain divergent sur la vitesse de rattrapage des prix, mais la paroisse attire un nombre croissant de résidents permanents.
- Encamp, reliée au domaine Grandvalira par télécabine, combine un positionnement touristique et un accès relativement rapide à Andorre-la-Vieille. Les prix y restent en dessous de la moyenne nationale, ce qui la place dans une logique de valorisation progressive.
Ces trois paroisses ne sont pas interchangeables. Le choix entre elles dépend du projet : résidence secondaire orientée ski, investissement locatif longue durée, ou résidence principale avec un budget plus maîtrisé qu’en centre-ville.

Sant Julià de Lòria : le prix d’entrée le plus bas, mais un profil différent
Sant Julià de Lòria, située à l’extrême sud de la Principauté près de la frontière espagnole, était en 2024 la paroisse où les biens immobiliers étaient les moins chers. Ce positionnement tarifaire attire les acquéreurs à petit budget, mais le profil de la zone diffère sensiblement des autres paroisses.
L’activité touristique y est moins développée que dans les paroisses reliées aux domaines skiables. La demande locative saisonnière y est donc plus faible. Pour un achat destiné à la location longue durée auprès de résidents permanents, la paroisse peut présenter un intérêt. Pour un investissement locatif touristique, les données disponibles ne permettent pas de conclure à un rendement comparable à celui de Canillo ou Encamp.
Critères concrets pour choisir sa paroisse avant un achat immobilier en Andorre
Au-delà du prix au mètre carré et de la fiscalité, plusieurs paramètres pratiques orientent le choix d’une zone pour acheter un appartement en Andorre.
- L’accès aux domaines skiables (Grandvalira, Vallnord) conditionne la valeur locative saisonnière. Un appartement à moins de dix minutes d’une remontée mécanique se loue mieux en hiver qu’un bien équivalent sans cet accès.
- La proximité d’une école, d’un centre médical ou d’un supermarché pèse fortement pour les résidents permanents. Les paroisses centrales dominent sur ce point, mais La Massana et Encamp progressent en équipements.
- La desserte routière reste un facteur à ne pas sous-estimer dans un pays où la circulation aux heures de pointe peut rallonger significativement les trajets entre paroisses, malgré les distances courtes.
- Le certificat d’habitabilité, obligatoire pour toute transaction, doit être vérifié avant de s’engager. Un bien sans certificat valide ne peut légalement être occupé ni loué.
Le marché immobilier andorran en 2026 n’est plus celui d’il y a trois ans. La hausse de la taxe IEI redistribue les cartes entre paroisses chères et zones de rattrapage. Pour un acheteur français ou étranger, le choix de la paroisse détermine autant la rentabilité que le cadre de vie. Les paroisses péri-centrales comme Canillo, La Massana ou Encamp méritent une analyse approfondie, projet par projet, avant de se fixer sur les seules valeurs sûres du centre.

