Prévisions de baisse pour le prix de la construction en 2026

2,7 % de recul : c’est la projection affichée noir sur blanc par l’indice national des coûts de construction pour 2026. Une inflexion qui, à l’échelle de la décennie, fait figure d’exception. La Banque de France, elle, ne ménage pas les superlatifs : la baisse est réelle, portée par une demande qui s’étiole et des prix des matériaux qui s’ajustent enfin à la réalité du terrain.

À coups de taux d’intérêt relevés et d’incertitudes économiques persistantes, la stratégie des investisseurs s’est transformée. Promoteurs et acteurs du secteur s’attendent à voir leurs marges se resserrer et la dynamique du marché redistribuée, d’ici à 2026. Chacun révise ses plans, persuadé que le paysage ne ressemblera bientôt plus à celui des années fastes.

Où en est le marché de la construction en 2026 ?

Jamais depuis plus de dix ans le marché de la construction n’avait connu pareille configuration : en 2026, la tendance bascule. Les spécialistes observent une variation nette des prix à l’échelle nationale. D’après la FFB et la FNTP, la prévision de baisse pour le prix de la construction en 2026 s’est concrétisée dès les premiers mois, avec des indices en retrait de 3 à 5 % selon les segments. Cette inflexion découle principalement du repli de la demande en logements neufs et d’une concurrence accrue entre opérateurs.

Dans la pratique, le secteur immobilier français marque le pas : les chantiers de maisons individuelles se font plus rares, tandis que le logement collectif et les actifs non résidentiels (bureaux, entrepôts, commerces) réajustent leurs volumes. Les statistiques Notaires-INSEE font état d’une diminution sensible du nombre de permis de construire délivrés, symptôme d’un attentisme généralisé chez les promoteurs. Face à des taux fluctuants et à un crédit plus difficile d’accès, la prudence prend le dessus.

Pour illustrer les transformations qui secouent le secteur, voici les tendances phares qui s’imposent :

  • Le marché des bureaux repense entièrement son modèle, sous l’effet du télétravail et de la réduction des surfaces utilisées.
  • Le marché logistique conserve une certaine solidité, tiré par le e-commerce, même si la croissance ralentit nettement par rapport aux années précédentes.
  • Le marché immobilier ancien et le secteur locatif subissent le contrecoup de taux plus hauts et de critères bancaires renforcés.

La Banque de France et l’Observatoire Crédit Logement / CSA confirment la contraction de la capacité d’emprunt, ce qui pèse sur les ventes et les plans de rénovation. Les entreprises du bâtiment revoient leurs marges à la baisse, tout en faisant face à l’instabilité persistante des prix des matières premières. Résultat : tout le secteur prépare une redéfinition de ses priorités, entre prudence et nouveaux arbitrages, avec l’immobilier d’entreprise et le logement sous surveillance.

Quelles politiques et facteurs économiques influencent la baisse des prix ?

Derrière la baisse des prix, plusieurs paramètres s’entrecroisent en 2026. Le premier : la politique monétaire de la Banque centrale européenne. L’envolée des taux d’intérêt en 2023-2024 a bridé l’accès au crédit. Même si la BCE a récemment donné des signes d’accalmie, la prudence reste de mise et les conditions de financement demeurent plus strictes qu’auparavant.

Autre source d’incertitude : le projet de loi de finances (PLF). Les ajustements autour du prêt à taux zéro (PTZ) et la transformation du dispositif Pinel ont fragilisé les perspectives pour le logement neuf. Les dispositifs de rénovation énergétique, tel que MaPrimeRénov’, peinent à compenser la frilosité des investisseurs. Quant aux collectivités locales, elles réduisent la voilure face à leurs propres contraintes budgétaires, limitant ainsi l’offre de foncier et les aides disponibles.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) et la prochaine réforme du statut des bailleurs privés pèsent également sur la dynamique. Beaucoup de propriétaires, déstabilisés par la complexité croissante des normes, préfèrent décaler ou restreindre leurs investissements. Enfin, la pression de l’indice de référence des loyers (IRL) limite la rentabilité du parc locatif, freinant de nouveaux projets.

Pour mieux comprendre les moteurs de cette tendance, retenons ces faits marquants :

  • La Banque de France signale une baisse notable des prêts immobiliers accordés.
  • La Commission Mixte Paritaire continue d’examiner l’évolution des mesures fiscales pour stimuler la demande.
  • Des institutions comme Action Logement et CDC Habitat adaptent leur stratégie, optant pour une sélection plus rigoureuse des dossiers.

Au croisement de ces décisions publiques et de ces réalités économiques, le marché évolue désormais sous le signe de la prudence, accélérant la correction des prix.

Jeune femme gestionnaire analysant données en bureau

Perspectives d’évolution : quelles opportunités pour acheter, vendre ou investir cette année ?

Le marché immobilier français est entré dans une phase de recomposition. La baisse annoncée pour le prix de la construction en 2026 redistribue les cartes : stratégies et arbitrages se renouvellent. D’après la FFB et la CAPEB, la détente sur les prix des matériaux ouvre la voie à des choix plus offensifs.

Le rapport de force bascule : acquéreurs et investisseurs disposent aujourd’hui d’une marge de négociation sans précédent, tant sur le neuf que sur l’ancien. Les statistiques des Notaires-INSEE montrent que le ralentissement des transactions tire les prix vers le bas, en particulier dans le collectif. Sur le marché locatif, la stabilité des loyers, encadrée par l’IRL, pousse les vendeurs à patienter davantage avant de céder leur bien.

Côté crédit immobilier, la Banque de France note une timide amélioration des conditions, même si un apport conséquent reste attendu. Les profils solides peuvent tirer leur épingle du jeu, notamment pour un achat de résidence principale. Les plateformes comme SeLoger et Meilleurs Agents signalent une reprise de la demande dans plusieurs grandes villes : Paris, Lyon, Bordeaux se démarquent.

Pour adapter votre projet à cette nouvelle donne, voici quelques pistes à envisager :

  • Pour investir, privilégiez les secteurs où la tension sur l’offre reste palpable.
  • Pour vendre, basez votre stratégie sur une analyse précise du marché et une fixation de prix réaliste.
  • Pour acheter, profitez du climat actuel pour négocier non seulement les prix, mais aussi les délais de livraison et les prestations annexes.

Les segments des bureaux, de la logistique et des commerces suivent la même dynamique : les opportunités se dessinent pour ceux qui sauront s’adapter. Michel Le Bras (Propriétés-privées.com) le résume ainsi : « Le rebond viendra de notre capacité à répondre vite aux exigences de performance énergétique et de modularité des espaces. »

Le marché de la construction en 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui d’hier. Chacun avance, désormais, sur un échiquier mouvant où chaque décision compte. L’avenir n’attend que les audacieux prêts à redéfinir les règles du jeu.

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