Un chiffre, une limite, une obligation : en matière de location, le montant du dépôt de garantie ne se négocie pas à la tête du client. Un mois de loyer hors charges pour un logement vide, deux mois pour un meublé. Pas un euro de plus, pas un centime exigé avant la signature du bail.
La confusion entre caution et dépôt de garantie traîne derrière elle son lot de quiproquos. Pourtant, ces deux dispositifs ne jouent pas dans la même cour. La caution, c’est l’engagement écrit d’un tiers à payer si le locataire décroche. Le dépôt de garantie, c’est de l’argent, versé par le locataire, encaissé par le propriétaire, destiné à couvrir d’éventuelles dégradations ou impayés. Trop souvent, les termes se mélangent, même au sein de l’administration ou chez certains professionnels aguerris. Et c’est là que les ennuis commencent : un bail mal rédigé, une somme réclamée trop tôt, ou un montant qui déborde la limite légale, et chacun s’expose à des tensions inutiles.
Caution ou dépôt de garantie : comment ne plus confondre ?
Impossible d’y voir clair si l’on ne pose pas les bonnes bases. D’un côté, la caution locative : une personne ou une structure s’engage par écrit à payer le loyer si le locataire faillit. De l’autre, le dépôt de garantie : le locataire verse une somme au propriétaire, qui le conserve en guise de filet de sécurité contre les dégâts ou impayés. Deux approches différentes, mais complémentaires.
Sur le terrain, l’amalgame persiste. Beaucoup croient avoir versé la « caution » alors qu’il s’agit du dépôt, et inversement. Pour s’y retrouver : le dépôt de garantie implique un transfert d’argent au moment de signer le bail ; la caution, elle, relève d’un document signé, sans transfert de fonds immédiat.
Voici ce qui les distingue concrètement :
- Dépôt de garantie : somme versée par le locataire, détenue par le propriétaire puis restituée au départ, après vérification de l’état du bien.
- Caution : personne ou organisme qui s’engage à prendre le relais si le locataire ne règle pas ses dettes locatives, mais sans avance d’argent à la signature.
La législation requiert une séparation nette entre ces deux notions. En cas d’erreur sur le bail ou de mélange des mots, chacun s’expose à des contestations et, en cas d’abus, à l’annulation de clauses. Le dépôt de garantie protège le logement ; la caution garantit le paiement : chaque mot pèse dans le contrat.
Ce que dit la loi sur le dépôt de garantie en location
Impossible pour le propriétaire de faire à sa guise : la loi du 6 juillet 1989 définit des bornes précises. Pour un logement loué vide, le plafond reste d’un mois de loyer hors charges. Pour les meublés, c’est deux mois, pas davantage. Ce balisage vaut pour la très grande majorité des contrats standards. En revanche, le bail mobilité fait exception : aucun dépôt de garantie n’est permis.
Tout se passe lors de la signature du bail. Le montant du dépôt doit être annoncé noir sur blanc dans le contrat et réglé à la remise des clés. Hors de question pour le bailleur d’en exiger plus, de demander l’argent plus tôt ou de multiplier les fonds à verser, la règle n’est pas négociable. Les juridictions ne laissent rien passer : la moindre clause tentant d’imposer un dépassement est annulée d’office.
Des solutions spécifiques existent selon la situation du locataire, comme certaines aides adaptées aux actifs tout juste embauchés ou aux bénéficiaires de l’APL, qui leur permettent de financer ce fameux dépôt sans alourdir la facture du début de bail. Les organismes sociaux, selon leurs conventions, peuvent aussi venir en renfort.
Le cadre légal protège tout le monde : locataire comme propriétaire savent précisément ce qu’ils versent ou ce qu’ils reçoivent. C’est la meilleure façon d’éviter les dérapages et d’écarter les litiges inutiles dès la première étape du contrat.
Montant maximum, paiement et restitution : les règles à connaître
Difficile de faire plus clair : un logement vide ne justifie jamais plus d’un mois de dépôt, hors charges ; le meublé autorise jusqu’à deux. Aucune manœuvre sur l’acte de location ne permet d’aller au-delà, pas même par avenant. Lors de la signature, le locataire remet la somme convenue en une seule fois. Le propriétaire ne peut pas fractionner la demande ni ajouter des frais sous prétexte de garanties.
Une fois le bail terminé, la question de la restitution du dépôt s’impose. Si le logement est rendu sans dommage, le bailleur rend la somme dans le mois qui suit l’état des lieux de sortie. S’il y a des dégradations ou des impayés justifiés, il dispose de deux mois pour rendre le reliquat, le temps de chiffrer ou régulariser. Les délais sont stricts et le moindre écart peut coûter cher.
Les points suivants donnent les repères indispensables pour ne rien laisser au hasard :
- Dépôt de garantie : utilisé uniquement pour solder des sommes exigibles (impayés, réparations prouvées, charges non réglées).
- Restitution : tout s’appuie sur l’état des lieux contradictoire de sortie. Impossible de retenir de l’argent sans preuve.
- Justificatifs : chaque somme gardée par le propriétaire doit être appuyée par une facture ou un devis. L’arbitraire est exclu.
En cas de retard injustifié ou de retenue abusive, la sanction tombe : des pénalités calculées en fonction du nombre de mois de retard. Pour le bailleur comme pour le locataire, tout se joue dans la rigueur du suivi, du début à la fin du bail, sans approximation.
Quels sont vos droits si un problème survient avec le dépôt de garantie ?
Les litiges au sujet du dépôt de garantie ne manquent pas. Certains propriétaires font durer le suspense, d’autres prélèvent des sommes contestées sans jamais transmettre de justificatifs. Pour éviter d’en arriver au contentieux, la commission départementale de conciliation (CDC) existe justement pour offrir une solution rapide, gratuite et accessible à tous.
La première chose à faire : exiger tous les justificatifs concernant les sommes retenues, des factures aux devis de réparations en passant par la régularisation de charges. Si la discussion n’aboutit pas ou qu’aucun document n’arrive, c’est à la CDC de prendre le relais. L’avantage : pas besoin d’avocat, aucune formalité complexe, la démarche reste à la portée de tous.
- Conciliation : la CDC reçoit les deux parties, cherche un compromis et consigne le résultat dans un procès-verbal. Si l’accord ne se fait pas, chacun repart avec les moyens d’aller un cran plus loin.
- Contentieux : dernière étape, l’affaire se règle devant le tribunal d’instance, sur la base du contrat de location et des preuves réunies.
Le délai pour agir : trois ans à partir du moment où le dépôt aurait dû être rendu. Le bailleur négligent est alors redevable d’une pénalité de 10 % du loyer mensuel pour chaque mois de dépassement, dès que le délai légal s’est écoulé.
En gardant chaque document, quittance et échange depuis la signature jusqu’à la sortie, le locataire se protège efficacement. À la fin d’un bail, la prudence ne quitte pas le palier : elle continue jusque sur chaque relevé de compte.


